SIAL Paris ne se limite pas à organiser un grand rendez-vous mondial pour les professionnels. À travers des livres blancs, des études et des enquêtes comme cette collaboration avec OpinionWay, le salon apporte un éclairage sur l’évolution des comportements des consommateurs, aidant les exposants et les visiteurs à comprendre les dynamiques émergentes et à anticiper les transformations qui façonnent le marché.
Méthodologie
L’étude OpinionWay pour SIAL sur les Français, l’alimentation et les réseaux sociaux repose sur un échantillon de 1 033 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogées en ligne les 11 et 12 mars 2026. Des quotas ont été appliqués afin d’assurer une représentativité selon le genre, l’âge, la catégorie socioprofessionnelle et la région.
Ce cadre offre une vision statistiquement solide, avec une marge d’erreur comprise entre 1,4 et 3,1 points de pourcentage.
Les comptes food suivis sur les réseaux sociaux
Les réseaux sociaux sont devenus une porte d’entrée vers les contenus liés à l’alimentation, même si l’engagement reste sélectif. Au total, 37 % des répondants français suivent au moins un type de compte lié à l’alimentation.
Parmi eux, 18 % suivent des marques alimentaires, tandis que 17 % suivent des chefs ou des professionnels de la cuisine. Les influenceurs spécialisés dans les recettes attirent 16 % des répondants, soit autant que les experts en nutrition, les créateurs lifestyle ou les comptes de recommandations de restaurants.
L’engagement varie fortement selon l’âge. Parmi les 18-24 ans, 81 % suivent au moins un type de compte food, contre seulement 13 % chez les 65 ans et plus.
Ces chiffres mettent en évidence une fracture générationnelle dans la manière de consommer les contenus alimentaires et suggèrent que l’influence numérique se concentre particulièrement chez les publics les plus jeunes.
L’influence des réseaux sociaux sur l’alimentation au quotidien
Au-delà de la simple exposition, les réseaux sociaux jouent un rôle dans l’évolution des pratiques alimentaires quotidiennes. Plus de la moitié des répondants, soit 52 %, déclarent être influencés dans au moins un aspect de leurs habitudes alimentaires.
Le domaine le plus touché concerne la cuisine. Quarante-quatre pour cent affirment que les plateformes influencent les recettes qu’ils préparent chez eux.
Les motivations liées à la santé ressortent également, avec 41 % des répondants indiquant que les réseaux sociaux influencent leur envie de manger plus sainement.

Dans le même temps, la dimension plaisir reste bien présente. Trente-six pour cent reconnaissent que leurs envies d’aliments « plaisir » sont influencées par les contenus numériques, tandis que 35 % déclarent que ces contenus influencent les lieux où ils choisissent de manger.
Cette dynamique peut être illustrée par la popularité de formats comme les vidéos mukbang, dans lesquelles des créateurs se filment en train de consommer de grandes quantités de nourriture tout en interagissant avec leur audience. Apparues à l’origine en Corée du Sud, ces vidéos sont aujourd’hui largement visionnées sur les plateformes, mêlant spectacle, réconfort et attrait sensoriel. Leur succès montre comment l’excès visuel et la mise en scène de l’acte de manger peuvent stimuler l’appétit et normaliser certains comportements de consommation plus indulgents.
D’autres domaines sont également concernés, comme les achats de produits, cités par 33 % des répondants, ou encore la présentation des plats, mentionnée par 32 %.
Là encore, les différences générationnelles sont significatives. Parmi les 18-24 ans, 90 % déclarent une forme d’influence, contre 26 % chez les 65 ans et plus.
Les plateformes sociales qui influencent les choix alimentaires
Près de la moitié des répondants, soit 48 %, identifient au moins un réseau social comme ayant une influence sur leurs habitudes alimentaires.
Facebook arrive en tête avec 13 %, suivi d’Instagram à 12 % et de YouTube à 11 %. TikTok représente 8 %, tandis que Pinterest et Snapchat atteignent chacun 2 %.
Cependant, 52 % déclarent qu’aucune plateforme n’influence leur comportement alimentaire, ce qui montre que, si les canaux numériques sont importants, ils ne dominent pas encore l’ensemble de la population.
L’âge joue là encore un rôle décisif. Chez les répondants les plus jeunes, TikTok atteint 41 % d’influence parmi les 18-24 ans, tandis qu’Instagram et YouTube sont particulièrement puissants chez les 25-34 ans.
L’influence des contenus sur les actions
L’étude examine également la manière dont l’exposition aux contenus se traduit par des comportements concrets. Au cours des 12 derniers mois, 38 % des répondants ont préparé une recette découverte sur les réseaux sociaux.
L’expérimentation est également visible, avec 28 % des répondants ayant essayé de nouveaux ingrédients qu’ils ne consommaient pas auparavant.
Un quart des répondants, soit 25 %, ont testé des produits alimentaires innovants, tandis que 24 % ont essayé un plat ou un snack viral.
Les comportements d’achat sont eux aussi influencés, avec 23 % des répondants ayant acheté un produit devenu populaire en ligne.
Cette progression, de la consultation à l’action, est étroitement liée au rôle croissant des partenariats commerciaux sur les plateformes sociales. Collaborations avec les marques, contenus sponsorisés et placements de produits sont devenus une source de revenus importante pour les créateurs, influençant la visibilité de certains produits et tendances. Pour les marques alimentaires, ce modèle offre une exposition rapide et la possibilité d’inscrire les produits dans des situations d’usage quotidiennes, accélérant souvent leur adoption auprès des audiences.
Le partage social fait aussi partie du cycle, puisque 20 % des répondants ont publié des photos de plats qu’ils avaient préparés, et 13 % ont même consulté un professionnel de la nutrition après avoir vu des contenus liés à ce sujet. Ces actions suggèrent que l’exposition numérique peut aller au-delà de l’inspiration pour conduire à des décisions et des consommations concrètes, avec des dynamiques commerciales de plus en plus liées aux choix alimentaires du quotidien.
L’impact sur les habitudes alimentaires
L’influence des réseaux sociaux ne se limite pas à des comportements isolés, elle peut également façonner des habitudes alimentaires plus larges. Au total, 41 % des répondants déclarent au moins un changement dans leurs habitudes alimentaires lié aux réseaux sociaux.
Les ajustements orientés vers la santé sont particulièrement visibles. Vingt-cinq pour cent déclarent avoir réduit leur consommation de sucre, tandis que 24 % indiquent faire davantage attention à leur consommation de sel.
L’apport en protéines a augmenté pour 24 % des répondants, et 21 % déclarent avoir réduit leur consommation de matières grasses.
L’intérêt pour les ingrédients fonctionnels est également visible, avec 20 % des répondants consommant davantage de « superaliments » comme les graines de chia ou la spiruline.
Dans le même temps, des évolutions vers une consommation plus végétale sont observées, avec 19 % des répondants ayant réduit les produits d’origine animale et 18 % ayant essayé des alternatives végétales.
D’autres changements incluent la réduction de la consommation d’alcool, citée par 17 % des répondants, ainsi que la limitation des glucides, également à 17 %.
Ces évolutions mettent en évidence une double dynamique, dans laquelle les réseaux sociaux peuvent encourager à la fois des comportements plus sains et des choix plus indulgents, selon les contenus consommés.
La vraie question
Une dernière question émerge de ces résultats. Les tendances alimentaires sont-elles créées par les réseaux sociaux, ou simplement accélérées par eux ? Les données suggèrent une dynamique plus nuancée. Les plateformes n’agissent pas de manière isolée, mais comme des amplificateurs, augmentant la vitesse et l’ampleur de circulation des idées, des recettes et des produits jusqu’aux évolutions alimentaires plus larges.
Avec 52 % des répondants déclarant un certain degré d’influence et 41 % identifiant des changements dans leurs habitudes alimentaires, les contenus numériques apparaissent moins comme le moteur de comportements entièrement nouveaux que comme un catalyseur qui intensifie des dynamiques déjà existantes.
Pour les professionnels du secteur alimentaire, ces enseignements offrent une compréhension plus claire de la manière dont les tendances émergent et circulent. À SIAL Paris, où innovation, attentes des consommateurs et stratégies de marché se croisent, ces données offrent une grille de lecture précieuse pour interpréter l’évolution de la relation entre alimentation et culture numérique.
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