Chaque année, à l'occasion de la Journée mondiale de la qualité, célébrée dans le monde entier le deuxième jeudi de novembre, le secteur alimentaire se voit rappeler le rôle crucial que joue la qualité non seulement dans l'intégrité des produits, mais aussi dans la sécurité, la gestion des risques, la performance environnementale et l'efficacité énergétique.

Pour les acteurs de la chaîne alimentaire, de la ferme à l’assiette, dans l’industrie de la transformation alimentaire, les défis sont nombreux : garantir la sécurité sanitaire des aliments, contrôler la qualité des produits, maîtriser les risques opérationnels, réduire l’empreinte environnementale et améliorer la performance énergétique. Il devient de plus en plus important pour le secteur alimentaire de faire le point sur sa situation actuelle et de réaffirmer son engagement en faveur de la qualité.

 

La sécurité avant tout : risques d’origine alimentaire et évolutions du contexte

 

La sécurité sanitaire des aliments reste un fondement de la qualité dans le secteur alimentaire. Selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), même sur des marchés dotés de normes réglementaires élevées, les cas de maladies d’origine alimentaire demeurent un problème sérieux. Le changement climatique, l’intensification du commerce mondial et la complexification des chaînes d’approvisionnement ajoutent de nouvelles dimensions au risque. Un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne que la hausse des températures et de l’humidité, l’évolution des schémas de nuisibles et de pathogènes, ainsi que les transformations des systèmes de production, augmentent les dangers liés à la sécurité sanitaire des aliments tout au long de la chaîne.

Pour les entreprises, cela signifie que les systèmes qualité ne peuvent pas être statiques : ils doivent s’adapter en permanence. Des référentiels de certification tels que les schémas reconnus par la Global Food Safety Initiative (GFSI) et la norme ISO 22000 continuent de faire office de cadres essentiels. À l’occasion de la Journée mondiale de la qualité, les entreprises devraient se poser les bonnes questions : notre culture de la sécurité alimentaire est-elle suffisamment solide ? Nos systèmes de traçabilité permettent-ils de suivre efficacement les événements en amont comme en aval ? Nos fournisseurs et partenaires de la chaîne du froid sont-ils alignés sur nos standards ?

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Qualité des produits et maîtrise des risques : répondre aux attentes

La qualité des produits va au-delà de la simple conformité. Elle englobe la constance, les qualités organoleptiques, la durée de conservation, les promesses de marque et les attentes des consommateurs. La convergence entre sécurité alimentaire et qualité est de plus en plus reconnue. Une analyse récente souligne l’évolution du concept de qualité, passant d’une simple prévention des risques à une gestion proactive de la qualité tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

La gestion des risques est centrale : identifier, évaluer et maîtriser les risques opérationnels (par exemple, contamination, contacts croisés avec des allergènes, ruptures d’approvisionnement) fait partie intégrante de l’assurance qualité. Dans le même temps, le secteur agroalimentaire doit gérer des risques techniques (machines, automatisation), humains (compétences, culture de l’hygiène) ainsi que des risques environnementaux et sociaux (épuisement des ressources, conditions de travail). Comme le souligne un expert du secteur, l’industrie agroalimentaire doit maîtriser « les enjeux environnementaux, de traçabilité et de sécurité dans un monde plus durable ».

Concrètement, un programme qualité efficace intègre l’analyse des dangers (HACCP ou équivalent), la définition de points de contrôle critiques, le suivi des indicateurs de processus, la formation du personnel, la réalisation d’audits internes et l’implication des fournisseurs.

Réduire l’impact environnemental : vers une qualité durable

À l’occasion de la Journée mondiale de la qualité, l’attention doit s’élargir du produit à la planète. L’industrie agroalimentaire est un contributeur majeur aux impacts environnementaux. Émissions de gaz à effet de serre, consommation d’eau, utilisation des terres, production de déchets, pression liée aux emballages et consommation énergétique sont autant d’enjeux clés.

Pour de nombreux acteurs du secteur, la qualité intègre désormais des indicateurs de durabilité : réduction des pertes et du gaspillage alimentaire, conception d’emballages recyclables, approvisionnement responsable en matières premières, diminution de la consommation d’eau et d’énergie et réduction de l’empreinte carbone. Par exemple, l’approche en cycle de vie permet aux entreprises d’évaluer non seulement les impacts immédiats de la production, mais aussi les conséquences en amont (intrants agricoles) et en aval (logistique, fin de vie).

Les entreprises répondent par des solutions innovantes : une étude de cas du spécialiste Kersia, leader en biosécurité et sécurité alimentaire fournissant des produits et solutions pour prévenir les maladies et les contaminations chez les animaux et les humains, illustre comment la hausse des températures (+1 °C à l’échelle mondiale) accentue les risques sanitaires, notamment l’augmentation des cas de salmonelles, et comment l’entreprise déploie des approches de biosécurité durables réduisant la consommation d’énergie et d’eau.

Efficacité et gestion de l’énergie : une qualité interne

L’efficacité et la gestion de l’énergie constituent un pilier moins visible mais essentiel de la qualité dans l’industrie agroalimentaire. Lorsque les sites optimisent leur consommation énergétique, réduisent les temps d’arrêt, améliorent les rendements de production et limitent les pertes, ils livrent des produits de meilleure qualité, à moindre coût et avec un impact environnemental réduit.

L’efficacité passe notamment par l’adoption de moteurs à haut rendement, l’optimisation des systèmes CVC, la récupération de chaleur fatale, l’amélioration des performances de réfrigération, l’optimisation des rendements de production (moins de rebuts, moins de non-conformités) et le recours au monitoring digital. Ces actions répondent à la fois à des enjeux économiques et environnementaux. Bien qu’elles soient parfois peu mises en avant dans les discours sur la « qualité », elles méritent d’être reconnues à l’occasion de la Journée mondiale de la qualité, car elles renforcent l’excellence opérationnelle.

Trois priorités pour l’industrie agroalimentaire

Alors que les secteurs de l’industrie alimentaire redéfinissent progressivement la notion de qualité, trois priorités structurent désormais les stratégies. Premièrement, les organisations évoluent vers des systèmes qualité intégrés combinant sécurité alimentaire, intégrité des produits, performance environnementale et efficacité opérationnelle. Les référentiels de certification s’adaptent progressivement à cette approche élargie, incitant les entreprises à réévaluer leurs systèmes de management, leurs modes de gouvernance et leurs cultures internes.

La digitalisation redéfinit également les pratiques de gestion de la qualité. Outils de suivi en temps réel, traçabilité avancée, capteurs sur lignes de production, analyse de données et emballages intelligents offrent une visibilité et un contrôle sans précédent. Ces technologies permettent notamment d’identifier les contaminants et corps étrangers, de suivre la performance des équipements, de réduire les pertes, d’optimiser la maintenance et de maîtriser la consommation énergétique, des capacités que de nombreux acteurs déploient aujourd’hui à grande échelle.

Enfin, une troisième évolution consiste à intégrer pleinement la durabilité au cœur de la qualité. Consommation énergétique, émissions de gaz à effet de serre, utilisation de l’eau, réduction des déchets, approvisionnement responsable et modèles d’économie circulaire s’ajoutent désormais aux exigences de sécurité microbiologique et aux spécifications produits. Pour le secteur agroalimentaire, cette définition élargie reflète une transformation profonde des critères de mesure, de communication et de délivrance de la qualité.

Dans leur ensemble, ces évolutions montrent que la qualité est devenue un concept multidimensionnel, englobant des produits sûrs, des opérations résilientes et des chaînes d’approvisionnement responsables sur le plan environnemental, créant de la valeur pour les consommateurs, les entreprises et la société. La sécurité alimentaire reste fondamentale, la constance des produits demeure essentielle à la confiance des marques, et une gestion rigoureuse des risques garantit la continuité des activités, tandis que les performances environnementales et énergétiques influencent de plus en plus la compétitivité et la crédibilité.

En renforçant leur engagement envers cette vision élargie, les entreprises améliorent à la fois leurs performances et leur contribution à un système alimentaire mondial plus sûr, plus durable et plus efficace.