SIAL Innovation met en lumière les produits les plus disruptifs du salon, sélectionnés par un jury d’experts. Le parcours thématique SIAL Innovation permet aux visiteurs à la recherche des dernières innovations de se concentrer sur les exposants identifiés comme les plus innovants de cette édition.
Publié le 27 août 2026 à 11:06 | Modifié le 27 août 2026 à 12:50

Xavier Terlet, l’un des experts ayant participé à la sélection du parcours thématique SIAL Innovation, entretient une relation de longue date avec SIAL Paris. À l’origine de la création de SIAL Innovation pour le salon en 1996, il accompagne SIAL sur les sujets liés à l’innovation depuis 30 ans. Spécialiste de l’innovation alimentaire et cofondateur du cabinet de conseil en stratégie ProtéinesXTC, Xavier Terlet est également à l’origine de publications telles que Nouveaux Produits – Nouveaux Marchés et de la base de données New Food Data, qui recense les nouveaux produits lancés à travers le monde. En parallèle de ses activités de conseil, il intervient régulièrement comme conférencier et chroniqueur dans les médias, et a publié plusieurs ouvrages consacrés à l’innovation alimentaire, à destination des professionnels comme du grand public. À l’approche de l’ouverture du salon, qui se tiendra du 17 au 21 octobre, la rédaction de SIAL Paris s’est entretenue avec Xavier Terlet pour recueillir son regard sur l’innovation alimentaire, les attentes des consommateurs et les grands défis qui attendent le secteur.

Selon vous, pourquoi est-il pertinent que SIAL Paris consacre un parcours thématique dédié à SIAL Innovation cette année ?

L’objectif de SIAL Innovation a toujours été de répondre aux deux principales questions que se posent tous les visiteurs de salons professionnels.

1 - Quoi de neuf ? Quels sont les nouveaux produits présentés, quels sont leurs caractères innovants ?

2 - Comment s’orientent les marchés, ma catégorie, quelles sont les tendances de l’offre nouvelle dans le monde ?

L’opération SIAL Innovation s'attache à répondre à ces questions avec rigueur en faisant appel aux plus grands experts. Chaque édition, le contenu s'enrichit et le parcours dédié va dans ce sens et améliore l’expérience visiteurs.

Quels sont les critères qui définissent, selon vous, une véritable innovation alimentaire aujourd'hui (et pas seulement un produit « nouveau ») ?

J’ai pour ma part une seule définition qui vaille. Une innovation est un produit qui apporte un nouveau bénéfice au consommateur.

Employé de production alimentaire portant des gants et un tablier de protection préparant des blocs de produit alimentaire blanc.

Ce peut être un bénéfice en termes de plaisir, de santé/forme, de praticité ou d’éthique. Ce peut être une évolution de la recette, du process de fabrication, de l’emballage…

Certains parlent de vraie innovation comme une rupture technique ou scientifique. C’est une vision industrielle sans intérêt. Il faut raisonner « consommateur ».

Quels secteurs ou catégories de produits vous semblent aujourd'hui les plus fertiles en matière d'innovation ?

Toutes les catégories sont concernées, car il y a partout attente de bénéfices nouveaux.

Comment les marques peuvent-elles innover tout en restant accessibles dans un contexte de pression sur le pouvoir d’achat ?

Il faut désormais l’admettre, ce n'est pas parce qu'une innovation coûte plus cher à produire qu'elle mérite d'être vendue plus cher. Sa légitimité repose sur le bénéfice réellement perçu par le consommateur.

Et heureusement, rendre l'innovation plus accessible ne signifie pas renoncer à la création de valeur.

On peut travailler la valeur faciale par exemple. Vendre à l'unité, proposer des formats plus petits ou des portions adaptées peut parfois être plus pertinent qu'une logique exclusivement fondée sur le volume. Un prix d'entrée plus faible permet d'élargir l'accès à des consommateurs qui comptent leurs dépenses au centime près.

Cette réflexion apparaît d'autant plus nécessaire que les ménages d'une personne représentent aujourd'hui une part importante des foyers français, alors que les familles nombreuses restent minoritaires. Les formats et les offres doivent refléter cette réalité.

On peut simplifier. Les consommateurs n'attendent pas toujours des recettes sophistiquées. Des formulations plus courtes, des ingrédients plus simples et des procédés moins complexes permettent souvent de réduire les coûts sans réduire la valeur perçue.

On peut aider à lutter contre le gaspillage. Un produit dont la moitié finit à la poubelle sera toujours perçu comme deux fois trop cher. Formats refermables, portions adaptées, meilleure conservation ou conseils d'utilisation contribuent directement à améliorer la valeur réelle du produit.

Assortiment coloré de déchets plastiques mélangés collectés pour le recyclage.

Les consommateurs n'ont pas renoncé à leurs attentes. Quels que soient leurs revenus, ils recherchent davantage de plaisir, de praticité, de sécurité, de bénéfices santé ou d'engagement environnemental. Ils veulent ces valeurs ajoutées. Eux aussi.

Une innovation doit-elle aujourd’hui être pensée pour le rayon, mais aussi pour l’image, la vidéo et le partage en ligne ?

Une innovation doit être pensée pour apporter un nouveau bénéfice au consommateur et donc pour être vendue. Le buzz ne fait pas forcément vendre.

Si vous deviez adresser un message aux acteurs de l’alimentation qui seront réunis à SIAL Paris, quel serait-il ?

La réussite appartiendra aux entreprises capables de proposer davantage de valeurs ajoutées, de bénéfices dès lors qu’ils restent accessibles au plus grand nombre.

Voilà sans doute l'un des principaux défis de l'industrie alimentaire pour les années à venir.

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