SIAL OFF prolonge l’expérience de SIAL Paris au-delà de Paris Nord Villepinte, jusque dans la ville elle-même. Conçu pour les visiteurs et les exposants, il propose une autre manière d’explorer Paris à travers des restaurants, des bars, des commerces de bouche et des adresses culturelles où la gastronomie ne se consomme pas seulement, mais se découvre. Il relie l’énergie professionnelle du grand salon de l’industrie agroalimentaire à l’atmosphère plus informelle des repas de quartier.
Dans cet esprit, les recettes partagées par les membres de l’équipe SIAL Paris agissent comme des cartes postales gourmandes. Elles font entrer les histoires personnelles, les habitudes familiales et les inspirations venues du monde entier dans une conversation plus large autour de la culture culinaire. Le banh mi de Jennifer, préparé avec du porc char siu, des carottes marinées, du concombre, de la coriandre, du pâté de porc vietnamien et quelques gouttes de Maggi, raconte le voyage d’un plat qui a traversé les frontières sans perdre son âme de street food.
Un sandwich né du croisement et de la créativité

Le banh mi est souvent décrit comme un sandwich vietnamien, mais cette définition cache une histoire à plusieurs couches. Le mot « bánh mì » signifie pain en vietnamien. Aujourd’hui, en dehors du Vietnam, il désigne généralement le sandwich garni de type baguette, devenu l’une des exportations culinaires les plus connues du pays. L’Oxford English Dictionary définit le banh mi comme un sandwich baguette traditionnellement préparé avec un mélange de farine de riz et de blé, puis garni d’ingrédients variés.
Ses origines sont liées à la colonisation française au Vietnam. La baguette, le pâté, le beurre et d’autres produits français y sont arrivés au XIXe siècle, mais ils ne sont pas restés français très longtemps. Les boulangers et vendeurs de rue vietnamiens ont adapté le pain au climat local, aux ingrédients disponibles et aux goûts du quotidien. Le résultat était plus léger, plus aéré et souvent plus croustillant qu’une baguette française classique, plus facile à ouvrir et à garnir.
Le génie du banh mi réside dans cette transformation. Le pain colonial est devenu une street food locale. Le pâté importé a rencontré les légumes marinés. La mayonnaise s’est associée à la coriandre, au piment et au concombre. Sel, gras, acidité, chaleur et croquant se sont retrouvés réunis dans un format à manger à la main. Il ne s’agissait pas d’une fusion pensée pour l’effet, mais d’une adaptation née du quotidien : pratique, portable et pleine de contrastes.
L’architecture du contraste
Un bon banh mi se construit comme une œuvre d’ingénierie comestible. Le pain doit craquer sans s’effondrer. La garniture doit être riche, mais jamais lourde. Les légumes marinés coupent le gras. Les herbes relèvent la viande. Le piment apporte de la chaleur. Le concombre rafraîchit l’ensemble. Le Maggi ajoute une profondeur savoureuse, quelque part entre l’assaisonnement et le souvenir.
La version de Jennifer utilise du porc char siu, autre signe de l’ouverture du sandwich aux influences. Le char siu est généralement associé au porc laqué cantonais, sucré, aromatique et brillant. Dans cette recette, la sauce soja, le miel, le sucre, l’ail et les cinq épices donnent au porc son aspect caramélisé. Il trouve naturellement sa place dans la structure du banh mi, car ce sandwich a toujours été poreux. Il peut accueillir du porc rôti, du poulet, du tofu, de l’œuf, des boulettes de viande, des sardines ou tout autre ingrédient qu’un vendeur, un cuisinier ou une famille prépare avec talent.
Cette capacité d’adaptation explique en partie son succès mondial. Le banh mi est suffisamment précis pour être reconnaissable, mais assez flexible pour voyager. Il peut être vendu depuis un stand de rue, une boulangerie, un comptoir de restaurant, un food truck ou un concept premium casual. Pour le secteur agroalimentaire, il rappelle que certains des formats les plus durables au monde naissent d’une improvisation maîtrisée.
Du Vietnam au reste du monde
Le voyage international du banh mi s’est accéléré avec la diaspora vietnamienne après 1975. Les communautés installées en France, aux États-Unis, en Australie et ailleurs ont ouvert des boulangeries, des cafés et des restaurants qui ont fait entrer le sandwich dans de nouveaux paysages urbains. En Californie, au Texas, à Paris, Melbourne ou Londres, le banh mi est devenu à la fois un marqueur de l’identité vietnamienne et une porte d’entrée accessible pour un public plus large.

Sa popularité s’est également développée parce qu’il correspond particulièrement bien aux habitudes alimentaires contemporaines. Il est portable, rapide, frais, personnalisable et souvent abordable. Il offre la satisfaction d’un sandwich, la fraîcheur d’une salade et la profondeur d’un plat cuisiné. À l’heure des formats alimentaires hybrides et du snacking mondial, le banh mi semble presque conçu pour la vie urbaine moderne, même si ses racines sont bien plus profondes.
L’attention médiatique récente montre que le sandwich continue de gagner en visibilité culturelle. En 2025, Reuters a décrit le banh mi comme l’un des exemples les plus évidents de l’influence culinaire française adaptée à la vie vietnamienne, en soulignant que le pain en forme de baguette est aujourd’hui utilisé pour l’un des formats de restauration rapide les plus courants au Vietnam. À Paris, Le Monde a également mis en avant plusieurs adresses de banh mi dans la capitale, présentant le sandwich comme une alternative vivante au jambon-beurre et comme un signe de l’appétit multiculturel de la ville.
Pour les visiteurs et exposants de SIAL Paris qui souhaitent goûter un banh mi dans la capitale, Thieng Heng, au 50 Avenue d’Ivry, 75013 Paris, constitue une étape idéale dans l’un des quartiers asiatiques les plus connus de Paris, où les communautés chinoise, vietnamienne, cambodgienne et laotienne ont contribué à façonner les commerces, boulangeries et restaurants du secteur.
Pour celles et ceux qui souhaitent préparer un banh mi à la maison, voici la recette de Jennifer :
Le banh mi au porc char siu de Jennifer
Ingrédients
Pour le porc char siu :
- 300 g de porc, de préférence épaule ou filet
- 2 cuillères à soupe de sauce soja
- 1 cuillère à soupe de miel
- 1 cuillère à soupe de sucre
- 1 gousse d’ail écrasée
- 1 cuillère à café de cinq-épices
Pour les pickles :
- 1 carotte
- 3 cuillères à soupe de vinaigre
- 2 cuillères à soupe de sucre
- Une pincée de sel
Pour le sandwich :
- 2 baguettes
- Pâté de porc vietnamien
- 1 concombre
- Coriandre fraîche
- Piment ou Sriracha, facultatif
- Mayonnaise
- Sauce Maggi
Instructions
Coupez le porc en lamelles. Dans un bol, mélangez la sauce soja, le miel, le sucre, l’ail écrasé et le cinq-épices, puis ajoutez le porc et enrobez-le bien. Laissez mariner au moins deux heures, idéalement toute une nuit.
Faites cuire le porc à la poêle ou au four à 180°C pendant environ 25 minutes, en le badigeonnant régulièrement de marinade jusqu’à ce qu’il soit caramélisé, brillant et bien coloré.
Râpez la carotte, puis mélangez-la avec le vinaigre, le sucre et le sel. Laissez mariner 10 à 15 minutes, puis égouttez.
Coupez le pâté de porc vietnamien en fines lamelles. Coupez le concombre en tranches.
Ouvrez les baguettes et tartinez-les de mayonnaise. Ajoutez le porc char siu chaud, le pâté de porc tranché, les carottes marinées égouttées, le concombre, la coriandre, le piment ou la Sriracha si vous en utilisez, puis quelques gouttes de sauce Maggi.
Servez immédiatement, pendant que le porc est encore chaud et que la baguette est croustillante.
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