Dans cette interview exclusive, Gavin Wren, consultant en politique alimentaire, créateur de contenu et écrivain, nous livre son point de vue sur le marché en plein essor des boissons à faible teneur en alcool ou sans alcool. Des nouvelles habitudes des consommateurs à l'essor du kombucha, en passant par une prise de conscience des questions de santé favorisée par les technologies, il explore les principaux facteurs qui façonnent ce secteur en pleine mutation.

Comment percevez-vous l’évolution du marché des boissons faiblement alcoolisées et sans alcool ces dernières années ? Quelles tendances émergent selon vous ?

L’ampleur et la diversité des produits sur le marché du low/no évoluent à un rythme très rapide. Des bières, vins et spiritueux aux boissons sans alcool de plus en plus sophistiquées, le marché est clairement en croissance et continue de gagner en dynamisme. On observe un véritable changement culturel, notamment chez les jeunes générations, qui délaissent les pubs et l’alcool au profit du sport et de boissons plus saines. Tout laisse penser que le marché du low/no va continuer à se développer fortement et à se diversifier en parallèle de cette évolution des modes de vie.


Selon vous, quels sont les principaux facteurs qui poussent les consommateurs à se tourner vers ces alternatives ?

Un ensemble de facteurs technologiques, culturels et politiques incite aujourd’hui les consommateurs à s’éloigner de l’alcool. Ces dernières années, on observe un fort intérêt pour la santé digestive, désormais largement présent en grande distribution. Associé à une inquiétude croissante autour des produits ultra-transformés, cela pousse les consommateurs à s’interroger davantage sur la qualité des boissons qu’ils consomment. Par ailleurs, les objets connectés jouent un rôle important : toute personne ayant suivi la qualité de son sommeil avec des dispositifs comme Whoop ou les montres Garmin sait à quel point l’alcool impacte négativement le repos. Enfin, au Royaume-Uni, la récente réforme des taxes sur l’alcool, avec des taux plus faibles pour les boissons titrant moins de 3,5 %, encourage également la transition vers des produits low/no.


Quelles innovations récentes dans ce secteur vous semblent particulièrement intéressantes ou prometteuses ?

Le développement des kombuchas, sous différentes formes, apparaît comme un axe d’innovation premium particulièrement prometteur pour les alternatives à l’alcool.


Comment les marques peuvent-elles se différencier sur un marché du sans alcool de plus en plus concurrentiel ?

C’est un vrai défi, car ce marché repose avant tout sur le goût et le plaisir, mais aussi sur les moments de consommation. Il est essentiel de définir très précisément l’usage du produit : s’agit-il d’une boisson pour un dîner entre amis, un pique-nique estival ou une récupération après le sport ?


Quel conseil donneriez-vous aux producteurs traditionnels souhaitant se lancer sur le marché des boissons faiblement alcoolisées ou sans alcool ?

Si vous disposez déjà d’une base de consommateurs solide, appuyez-vous dessus pour proposer des versions low/no de vos produits les plus populaires. Il ne s’agit pas de réinventer la roue : de nombreuses boissons à succès sont simplement des déclinaisons à teneur réduite en alcool de produits existants, comme Guinness 0 %.