Sophie de Reynal s’occupe plus particulièrement de la veille de l’innovation. Celle-ci concerne les ingrédients et les PAI, les produits nouveaux, les consommateurs, leurs attentes, leur niveau de connaissance, mais aussi la réglementation, la science, …
Cette veille permet également de savoir qui fait quoi dans le monde de l’agroalimentaire et de la nutraceutique, ce qui rend NutriMarketing pertinent pour l’élaboration des parcours Enfant, Senior et PAI pour Sial Paris.
Selon vous, pourquoi est-il pertinent que SIAL Paris consacre un parcours thématique dédié à la nutrition enfant cette année ?
Les parents font de plus en plus attention à la nourriture de leurs enfants, de la naissance à l’adolescence. Pour les plus petits, des études soulignent l’influence de la nutrition dans les 1 000 premiers jours de la vie de l’enfant sur son état de santé à l’âge adulte. Que SIAL Paris, acteur majeur de l’industrie agroalimentaire, se penche sur la question, me semble essentiel pour sensibiliser les acteurs du secteur à l’importance du bien manger dès le plus jeune âge.
Quelles sont, aujourd'hui, les principales tendances ou évolutions que vous observez sur ce secteur ?
Les consommateurs recherchent pour leurs enfants, comme pour eux-mêmes, des aliments moins transformés avec des listes courtes d’ingrédients familiers, mais aussi des produits plus sains et notamment moins sucrés.
Le plaisir est également une forte tendance pour les produits pour enfants, car il reste l’un des moteurs de la consommation, notamment pour les familles les plus défavorisées qui n’ont pas d’autres moyens de faire plaisir à leurs enfants (cinéma, spectacle, vacances). Pour cette cible, les gros conditionnements et les promotions sont recherchés.
Avez-vous des chiffres clés ou des données de marché qui illustrent l'importance ou la dynamique de ce secteur ?
67 % des Français veulent réduire leur consommation de sucre au goûter, 74 % des parents privilégient les produits avec moins de cinq ingrédients et 87 % des foyers veillent à ce que leur famille mange sain.
Quels types de produits progressent le plus actuellement : snacks enfants, petits-déjeuners, produits laitiers, boissons, plats préparés, alternatives végétales… ?

Il n’y a pas de secteur en particulier, mais plutôt des sous-catégories : les glaces pour enfants (+ 3,7 %), les cookies (+ 11,1 %), les tartinables pour petit-déjeuner (+ 6 %), …
Quelles innovations vous semblent les plus pertinentes dans la nutrition enfant ?
La naturalité et la réduction de sucre sont les 2 principales attentes de la part des parents.
Proposer des snacks plus sains (aliments et boissons) et moins transformés tout en restant ludiques me semble être la clé du succès.
Quels conseils donneriez-vous à une jeune marque qui veut lancer un produit enfant sans sous-estimer les enjeux réglementaires ?
La plupart des jeunes marques pour enfants se développent sur des produits meilleurs pour la santé de la cible et celle de la planète. Cela reste des produits de niche, mais avec un modèle économique qui peut fonctionner. Je pense.

Quels sont aujourd’hui les arguments marketing les plus efficaces auprès des parents ? Les marques doivent-elles davantage parler aux parents, aux enfants, ou aux deux en même temps ?
Ce marché est particulier parce que si les enfants sont bien les consommateurs finaux, les parents sont les acheteurs. Il y a donc 2 cibles à convaincre.
Pour les plus petits (0 à 3 ans), ce sont bien aux parents que l’on s’adresse et ce qu’ils recherchent est « le meilleur pour leur bébé ». Le prix n’a presque plus d’importance, c’est la période où on veut faire de son mieux. C’est pourquoi c’est le marché où la part du bio est la plus importante (29 % pour les petits pots et 14 % pour le lait infantile).
Après 3 ans, l’enfant a son mot à dire et il faut donc que le produit soit bon, mais aussi proposer un univers, une expérience, des jeux.
Dans le même temps, les parents font attention à la composition des produits. Le clean label, le Nutri-Score, la moindre transformation deviennent des arguments à ne pas négliger.
