Aujourd’hui, 74 % des consommateurs estiment que leur alimentation peut nuire à leur santé. En France, cette inquiétude a progressé de +7 points pour atteindre 72 %. En réponse, 72 % privilégient des produits peu ou pas transformés, 53 % choisissent des aliments locaux et de saison, et 44 % lisent plus attentivement les étiquettes (+7 pts). Le besoin de transparence est clair : 58 % mènent désormais leurs propres recherches sur les modes de production.
Malgré cela, la confiance dans les labels reste modérée : seuls 1 consommateur sur 3 se sent rassuré par les informations figurant sur les emballages, et 1 sur 5 fait confiance aux scores nutritionnels.
L’envie de bien manger dépasse les contraintes budgétaires : 65 % des personnes interrogées se disent prêtes à payer plus pour des produits plus sains — un chiffre qui tombe toutefois à 49 % en France. L’intérêt pour le bio progresse (66 %, +5 pts), mais le prix reste un frein pour 67 % des consommateurs, et seuls 25 % associent le bio à la qualité (15 % en France).
Cette tendance se confirme également au restaurant : 4 Français sur 10 privilégient les options les plus saines. En Europe, 39 % recherchent des menus simples et lisibles, et 36 % accordent de l’importance à l’origine locale des ingrédients.
Pouvoir d’achat et créativité : des arbitrages agiles
L’inflation, qui a atteint +20 % sur les produits de grande consommation en France entre 2022 et 2023, pousse les consommateurs à réinventer leurs habitudes. Tous les profils s’adaptent : 73 % des foyers modestes et 46 % des foyers aisés déclarent avoir réduit leurs achats.
La viande en est un exemple marquant : 61 % la jugent trop chère (67 % en France). Le flexitarisme progresse : 44 % des consommateurs dans le monde déclarent avoir réduit leur consommation de viande (+3 pts). Parallèlement, 58 % des Européens attendent des restaurants qu’ils proposent des plats adaptés à leurs régimes alimentaires spécifiques.
Malgré un contexte difficile, certaines catégories tirent leur épingle du jeu. Les boissons énergétiques progressent de +9,1 % en volume, à contre-courant de la tendance globale (–3,1 %). D’autres produits du quotidien s’imposent comme des choix « malins » : compotes sans sucres ajoutés, œufs de plein air ou lait issu du commerce équitable répondent à la double attente de santé et d’accessibilité.
Des consommateurs engagés pour un avenir durable
Les motivations écologiques et éthiques sont en nette progression. 40 % des consommateurs déclarent avoir profondément modifié leurs habitudes de consommation pour ces raisons. 58 % y voient un moyen d’exprimer leurs convictions, 54 % recherchent activement des marques engagées, et 53 % ont déjà refusé un produit pour des raisons environnementales ou sociales.
Les attentes se concentrent autour de plusieurs priorités : 19 % souhaitent des emballages rechargeables, 18 % veulent réduire le plastique, et 59 % privilégient les produits issus du commerce équitable. 54 % se disent prêts à investir du temps ou de l’argent dans des entreprises à impact positif.
Les critères environnementaux gagnent en importance : +5 points pour la réduction de l’empreinte carbone, +3 points pour les emballages recyclables et +6 points pour une meilleure prise en compte des enjeux liés à la production de viande.
Enfin, 71 % des consommateurs privilégient les produits locaux, et 53 % identifient l’achat de produits de saison ou locaux comme le principal levier de changement. L’achat direct auprès des producteurs progresse également, atteignant 19 % (+4 points).
L’alimentation devient un véritable terrain d’expression de choix éclairés, en phase avec les enjeux actuels. Bien manger, en connaissance de cause, tout en respectant son budget et ses convictions : tel est le défi relevé chaque jour par des consommateurs toujours plus informés.
Crédit image : Dose Juice - Unsplash
