Dans cette interview exclusive, Xavier Terlet, directeur général de ProtéinesXTC, décrypte les promesses et les limites de la culture cellulaire. Le point de vue d’un expert sur une innovation encore en cours de développement.

La culture cellulaire est souvent présentée comme une avancée technologique majeure. Selon vous, en quoi représente-t-elle une véritable opportunité pour repenser l’alimentation de demain ?
Il s’agit bien sûr d’une avancée technologique, mais elle ne deviendra réellement majeure que lorsque l’offre consommable et commercialisable existera. Et ce n’est pas encore le cas. Toutefois, l’avenir évolue rapidement : certaines start-up progressent et il est nécessaire de se préparer à court et moyen terme.

 

Votre étude intitulée « Trend focus #75 cell culture February 2025 » montre un intérêt croissant pour cette technologie, tant du côté des investisseurs que des industriels. Comment expliquez-vous cet engouement ? Pour les investisseurs, il s’agit du retour sur investissement potentiel ; pour les industriels, de la crainte d’arriver trop tard. En matière d’innovation, il existe souvent une prime pour ceux qui ont su anticiper en investissant dans l’avenir.

 

Des pionniers comme Good Meat ont déjà lancé des produits aux États-Unis, à Singapour et en Israël. Peut-on s’attendre à voir émerger des initiatives similaires en Europe dans un avenir proche ?
Oui, encore une fois, ce qui est annoncé relève souvent d’une opération de communication destinée aux investisseurs afin de lever des fonds. Personnellement, je n’ai jamais pu voir ni goûter ces produits. Je suis curieux de connaître l’avis de ceux qui en ont eu l’occasion… Oui, des start-up européennes travaillent sur ces sujets. On peut leur faire confiance pour avancer rapidement.

 

Comment les consommateurs perçoivent-ils la culture cellulaire selon vos observations ? Observez-vous une fracture générationnelle, culturelle ou éthique dans cette acceptation ?
De manière générale, les consommateurs ne savent pas vraiment de quoi il s’agit. La fracture générationnelle ne se situe pas tant dans l’acceptation ou le rejet de la culture cellulaire que dans la volonté de réduire la consommation de viande, davantage présente chez les jeunes.

 

Quelles perspectives à court et moyen terme voyez-vous pour les entreprises françaises ou européennes souhaitant se positionner sur le marché de la culture cellulaire ?
J’ai toute confiance dans les entreprises françaises et européennes, qui disposent des compétences et des moyens nécessaires pour avancer. Le potentiel est considérable.