Alors que la concurrence internationale s’intensifie, la France ne peut plus se reposer sur son héritage agroalimentaire. Longtemps leader mondial, elle se retrouve aujourd’hui derrière des pays qui investissent, innovent et structurent leurs filières.
À quelques mois de SIAL Paris 2026, Audrey Ashworth, Directrice du salon, appelle à un sursaut collectif pour que les entreprises françaises reprennent l’initiative.
Demi citron coupé posé devant un citron entier sur fond jaune, éclairage studio minimaliste avec ombre douce

L'export n'est plus une option, mais une nécessité stratégique

La démographie française ralentit. Les marchés domestiques se stabilisent. Pour nombre d’entreprises agroalimentaires, la croissance se jouera ailleurs. L’export n’est pas incompatible avec la souveraineté alimentaire ; il en est un levier. Diversifier ses débouchés, amortir ses coûts fixes, sécuriser son modèle économique : l’ouverture internationale renforce la résilience. Audrey Ashworth en est persuadée « Nourrir la France et exporter son savoir-faire ne sont pas incompatibles, bien au contraire. »

À l’heure où les équilibres économiques se redessinent, où les marchés se tendent et où la compétition s’accélère, la France ne peut plus considérer l’export comme une option secondaire.

Mais pendant que la France hésite, d’autres avancent, le signal est clair. En 2024, pour la première fois, la France a été doublée par l’Italie comme premier pays exposant à SIAL Paris. Et pour l’édition 2026, à ce stade de la commercialisation, la France se situe juste derrière l’Italie, l’Espagne, la Turquie et la Grèce. Face à ce constat, la directrice du salon confie « La France aime rappeler qu’elle est une grande puissance agroalimentaire. Mais pour combien de temps encore ? Dans le commerce mondial, la nostalgie n’a pas sa place. Seule l’action compte. »

Grâce à sa position au sein du SIAL Network, premier réseau mondial de salons agroalimentaires, SIAL Paris observe de près les stratégies offensives déployées ailleurs : subventions publiques massives en Italie ou en Turquie, dispositifs structurés comme le Food Export Forum en Belgique, l’Export Academy intégrée à l’Export Growth Plan au Royaume‑Uni, le programme CanExport PME au Canada ou encore le dispositif Market Readiness Assistance (MRA) à Singapour qui cofinance la préparation des entreprises à l’international. Dans certains pays, ces politiques s’accompagnent de programmes de formation et de webinaires ciblés pour aider les PME à aborder des marchés complexes, à l’image de la Corée du Sud qui a fait de la K‑food un levier d’influence en l’inscrivant au cœur de sa stratégie de soft power.

En 2024, SIAL Paris a accueilli des visiteurs issus de près de 200 pays, ainsi que 110 délégations officielles, dont 50 ambassadeurs, 16 parlementaires et 17 ministres français et étrangers. Cette densité diplomatique et économique illustre une réalité : le commerce alimentaire mondial se structure activement. Audrey Ashworth le confirme « Nous voyons des pays qui avancent de manière extrêmement coordonnée. Ils accompagnent leurs entreprises, financent leur visibilité, structurent leurs filières. La France a tous les atouts pour être à nouveau leader. Mais il faut le vouloir collectivement. »

Accréditation presse pour SIAL Paris
Accédez au salon de l'agroalimentaire

Votre accréditation presse

Demandez votre accréditation